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Introduction
Pêcher c'est rêver les yeux ouverts ...
Les membres du Club de pêche à la mouche Solérien essaient de se rapprocher d'une certaine éthique
en rapport avec l'eau et les poissons, qui devrait être la base du comportement d'un pêcheur à la mouche.

Un rêve accessible Même s'il est difficile en quelques lignes de débattre du sujet, il est important de l'évoquer, ne serait-ce que pour les jeunes générations qui n'auront à disposition que ce que nous voudront bien préserver et laisser pour eux-même.

Combien d'entre-nous, déjà, n'ont pas connu les heures de gloire de la pêche, les matinées ou les soirées sacrées, où tous les poissons mordaient, où des pêches miraculeuses se produisaient encore !

Ce temps n'est pas bien loin, mais pourtant, aujourd'hui, on parle d'une autre époque, à cause de la pollution, des évolutions, mais aussi à cause de notre nonchalance...

Alors si quelques lignes peuvent faire réfléchir, faire penser, faire espérer, cela vaut le "coup" de les lancer ces lignes, peut-être que cette fois le poisson mordra ...

PÊCHEURS SOYEZ RAISONNABLES - extrait dépliant AAPPMA de Font Romeu Carlitte

En ce qui concerne la pêche dans les lacs de montagne : vous n'avez pas le droit de conserver un poisson n'ayant pas la taille légale, la plupart du temps elle n'a pas pu encore se reproduire. Il faut donc la remettre à l'eau le plus rapidement possible et avec toutes les précautions nécessaires, ne la décrochez pas brutalement, faites le si possible dans l'eau ou avec les mains mouillées, ne la comprimez pas. Si c'est un poisson pris au fond à l'âppat naturel, soyez assez respectueux pour couper le fil au dessus de l'hameçon car celui-ci peut être fiché profondément dans la gorge du poisson, vous lui conservez la vie.

PÊCHEZ CORRECTEMENT, SANS BRUIT, SANS GÊNER LES AUTRES,
SACHEZ-LE FAIRE ET FAITES LE SAVOIR !



Une Éthique comme une philosophie...

Pêcher c'est rêver les yeux ouverts ... Le pêcheur à la mouche recherche à travers son activité de loisir à promouvoir un esprit sportif et une certaine idée de défense de l'environnement.
En effet, constamment au contact du milieu, bien souvent pas assez à son goût ou trop selon celui de sa compagne, celui-ci s'engage souvent à cultiver le respect du poisson et de l'eau, de manière à dégager dans son comportement quotidien une éthique de la pêche. Il en va de son attitude comme une fierté avancée, comme une certitude, une religion au delà de la vie et de la nature, un engagement moral.
On peut ainsi, effectuer un récapitulatif des actes ou des missions qu'un pêcheur à la mouche aurait la volonté d'accomplir :

La pêche est une philosophie de la vie... - signaler, par une attitude responsable et en liaison avec les autorités compétentes, toutes pollutions ou nuisances constatées sur l'environnement piscicole

- promouvoir une pêche de qualité, en ayant à coeur de limiter le nombre de prises journalières et en augmentant la maille, de manière à permettre une reproduction naturelle du poisson

- exposer également, chaque fois que l'occasion se présente, aux autorités de tutelles la prise en compte de ces objectifs, pour qu'ils deviennent l'objet d'application légale

- participer aux manifestations pour la défense de l'environnement et la restauration du patrimoine piscicole

- apprendre et mettre à jour constamment ses connaissances en matière de pisciculture, d'hydrobiologie et d'entomologie, de manière à comprendre soi-même et à faire comprendre aux autres, la nécessité d'une gestion halieutique scientifique et rationnelle, la préservation du biotope naturel de nos rivières et de nos lacs


D'autres voies existent et d'autres voix s'élèvent
Pêcher c'est rêver les yeux ouverts ...Ecrit par Nicolas Pariset - extrait de gobages.com

L'éthique du pecheur à la mouche.

Un tour d'horizon autour du nokill dans cet article rédigé en 2000. L'auteur présente les éléments de base pour relâcher un poisson dans de bonnes conditions.

Quels poissons ?
Les poissons qu'il faut relâcher sont les poissons de sport, c'est à dire les gros carnassiers (sandre, brochet) et les poissons de première catégorie (truite et ombre), ainsi que les migrateurs.

Pourquoi ceux là en priorité?
Car c'est sur eux que pèse la pression de pêche la plus forte ; car leur reproduction est moins efficace que celle des autres espèces (poissons blancs notamment) ; car ayant bon goût les autres pêcheurs ont tendance à les tuer systématiquement (ce qui, avec les tailles de capture francaises, équivaut souvent à tuer un individu ne s'étant jamais reproduit) ; car l'impact des prélèvements humains est très sensible sur ces espèces.

Un exemple: une gravière à ombre bien peuplée (mettons 15 individus) visitée par un pêcheur peu scrupuleux (on dit aussi "viandard"). En pêchant aux larves ou en nymphe, il peut arriver à mettre au sec son quota (10 poissons en général !!) en une petite matinée. Et il faudra attendre plusieurs années avant que la population retrouve son équilibre.
J'ai vécu cette expérience sur la Maronne (Corrèze).


Pêcher c'est rêver les yeux ouverts ...L'ombre, un poisson méconnu du grand public, et particulièrement sensible aux prélèvements.


Historique
La pêche a toujours été une activité prédatrice. Le pêcheur, comme le chasseur, ne pratiquait son activité que pour se nourrir. Il utilisait pour cela les techniques lui permettant de rapporter le plus de nourriture possible à sa famille, sa tribu ou son clan. Heureusement, les temps ont changé et les hommes n'ont plus besoin de chasser ou de pêcher pour se nourrir. Cependant, ces activités n'ont pas disparu.
Pourquoi les pratique-t-on, alors ?
Pour le plaisir, bien sûr ! Malgré tout, de nombreux pêcheurs de loisir continuèrent, et continuent encore, à garder leurs poissons. C'est dans la seconde moitié du XXème siècle que des pêcheurs à la mouche américains inventèrent le "catch and release" (prendre et relâcher). Ils en avaient assez de tuer les poissons qui leur donnaient tant de plaisir. Comme l'expliquait l'un d'eux, Lee Wulff, "un golfeur ne mange pas ses balles de golf". Il en serait désormais de même pour les poissons, partenaires de jeu du pêcheur sportif.

Une nécessité
Le "catch and release" permet de sauvegarder des populations de poissons sauvage tout en continuant à les pêcher. C'est un des principaux moyens de conserver des parcours publics bien peuplés, malgré un milieu dégradé et une forte pression de pêche.

La dégradation des milieux
L'industrialisation, le remembrement, l'intensification de l'agriculture, le recalibrage des cours d'eau, la présence de barrages et microcentrales (qui empêchent les poissons d'effectuer leurs migrations au moment du frai), la sévérité accrue des étiages estivaux (notamment dûe aux cultures de maïs), le salage excessif des routes en hiver et toutes les formes de pollution que nous connaissons ont un impact sévère sur les populations de poisson. Les rivières sont donc beaucoup moins productives qu'auparavant, et le comportement des pêcheurs, comme des autres usagers de la rivière, doit s'y adapter.

La modernisation des techniques, la mobilité
De plus, le progrès du matériel de pêche (nylons, cannes en carbone, hameçons de qualité...) et la baisse de son prix fait du pêcheur moderne le moins doué un prédateur d'une efficacité bien supérieure à celle de ses prédecesseurs. Parallèlement, la voiture (4x4, par exemple) permet à tous de se rendre dans les endroits les plus reculés, ne laissant aucun autre sanctuaire aux poissons que ceux prévus par la Loi (les si rares et si courtes réserves).

Le temps libre induit une plus forte demande
Avec l'allongement de la durée de la vie, l'abaissement de l'âge des retraites, les 35 heures (...), nous n'avons jamais eu autant de temps libre. Nous entrons donc dans la civilisation des loisirs, et la pêche y tient une place croissante. Ainsi, les effectifs et l'assiduité des pêcheurs devraient croître (c'est vrai pour la pêche à la mouche, moins pour d'autres techniques). De plus en plus exigeant, le pêcheur ne se satisfait plus de truites d'élevages déversées dans les rivières à la va-vite. Il souhaite prendre de beaux poissons, nés dans la rivière.

Le prix du poisson en supermarché ;-))
Chez "Auclou", c'est moins de 10 francs la truite portion. Le poisson n'est plus un produit de luxe, et il faut abandonner l'espoir (?) de rentabiliser sa carte de pêche en terme de poissons prélevés.

La réglementation francaise : rigide et inadaptée
En France, chaque pêcheur a droit à un quota quotidien de poissons dont la taille est supérieure à la taille légale (la maille). Ces deux critères sont inadaptés. Le quota, tout d'abord, est souvent de 10 par jour, ce qui est énorme. La taille légale ne permet pas, le plus souvent, aux truites de se reproduire au moins une fois et elle empêche la rivière d'avoir un stock de géniteurs suffisant.
Il existe d'autres formes de réglementation autorisant des prélèvements et qui fonctionnent, par exemple aux Etats Unis. Mais le système francais est atrocement rigide, et les associations de pêche et de pisciculture (APP) qui souhaiteraient innover dans un sens moins conservateur (augmenter la taille légale, diminuer les quotas ...) sont rembarrées par les instances (cf. le cas de l'APP du Lignon, dans le Forez).
Seules des études scientifiques longues et coûteuses peuvent permettre de proposer une gestion adaptée à la rivière considérée, mais il n'est pas normal que les initiatives progressistes prisent par les APP (cf le Lignon) soient barrées au profit d'une gestion qui a fait la preuve de son inefficacité.
Face à tout cela, il est donc de la responsabilité du pêcheur de relâcher les poissons qu'il prend.

Comment le pratiquer. Les précautions à prendre
Relâcher un poisson, c'est bien. S'assurer qu'il pourra repartir dans de bonnes conditions, c'est mieux. Si la pratique du "nokill" se généralise, elle ne pourra rester rentable pour le milieu que si les pêcheurs traitent leur prise avec respect. Sinon, le nombre de poissons décédés à la suite d'une capture deviendra trop important.

En pêchant à la mouche, on limite le plus gros risque : l'engammage profond. En effet les poissons n'avalent jamais très profondément les mouches (sauf dans certaines techniques particulières pratiquées en lac, comme le booby), et le poisson est le plus souvent piqué au bord des lèvres, dans le cartilage. Il ne faut cependant pas faire n'importe quoi :

Ne pas serrer le poisson, car cela peut provoquer des lésions internes plus ou moins bénignes qui peuvent avoir pour conséquences la mort du poisson, même plusieurs jours plus tard. Dans le milieu naturel, un animal blessé même légèrement est souvent condamné. Dans le même ordre d'idée, on essayera de ne pas sortir le poisson de l'eau, le relacher le plus vite possible, le toucher le moins possible, abréger le "combat" avec le poisson.

Pour faciliter les choses, on peut écraser les ardillons des hamecons, utiliser une épuisette à maille soudées (pour ne pas fendre les nageoires du poisson), utiliser des dégorgeoirs spéciaux comme les ketchum release (qui sont scandaleusement chers). De toute facon, au cas où votre mouche serait trop difficile à décrocher, coupez le fil. La mouche se dégradera toute seule, attaquée par l'eau et par les sucs secrétés par le poisson.
Certains pêcheurs recommandent de se mouiller les mains avant de saisir le poisson afin de ne pas lui retirer son mucus protecteur, mais il semble en fait qu'il soit préférable d'avoir les mains sèches. En effet, la quantité de mucus retirée est négligeable (des études américaines très sérieuses ont eu lieu sur le sujet) et le fait d'avoir les mains sèches donne une meilleure prise en main du poisson, ce qui permet de le relacher plus vite et en le serrant moins.

Une belle truite fario qui va bientôt retrouver son élément...

Pêcher c'est rêver les yeux ouverts ...Les limites du no kill

Des comportements irresponsables
Le fait de relâcher ses poissons peut donner à la capture un caractère anodin. Mais n'oublions pas que, une proportion de poissons relachés mourra, quelles que soient les précautions prises.
Ainsi, il n'est pas responsable de s'acharner sur des poissons que l'on sait vulnérables sous le prétexte que l'on pêche en "no-kill". La pêche systématique des ombres au début du printemps (au moment de leur frai) , lorsque ce poisson est à la fois le plus mordeur et le plus fragile, en est une illustration.
De la même façon, on a vu naître récemment aux Etats Unis l'idée d'un nombre maximal de poissons que le pêcheur serait autorisé à relâcher. En effet, comme un pêcheur qui ne garde pas ses poissons en tue malgré lui une certaine proportion, il semblerait logique que cette proportion soit prise en compte dans la réglementation. Mais on touche là à des subtilités dont nous sommes encore bien éloignés en France.

Le no kill ne peut pas tout
On ne peut pratiquer le "catch and release" que si la rivière est dans un état compatible avec la survie des poissons. Autrement dit, cette méthode de gestion ne se suffit pas à elle même.
Pour qu'elle soit efficace, il faut que la rivière soit en suffisament bonne santé pour que le facteur limitant le développement normal de sa population soit la pression de pêche. Il faut donc que le frai soit correct, que la pollution ne soit pas excessive, que l'habitat ne soit pas trop dégradé (i.e: qu'il y ait suffisament de caches pour les truites par exemple)... Bref, le nokill ne fera pas d'un égout une rivière à truite. Il peut en revanche avoir des effets incroyables sur des parcours qui étaient considérées comme médiocres.


   
 
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